A Summer’s End – Hong Kong 1986 : une histoire qui parle d’amour, d’acceptation et de liberté

En créant ce blog, je voulais parler d’œuvres méconnues qui me tenaient vraiment à cœur. J’ai découvert A Summer’s End un peu par hasard, et je suis tellement ravie de ne pas être passée à côté. Quelques jours après avoir fini le jeu, je vous délivre mon ressenti sans spoilers.

A Summer End Hong Kong 1986

Qu’est-ce que A Summer’s End ?

A Summer’s End est un visual novel, disponible sur PC uniquement (une version mobile est à venir). Le jeu raconte l’histoire d’amour entre deux femmes et aborde des thèmes liés à la liberté et l’acceptation de soi. Les visual novel sont des romans graphiques, soit des histoires interactives où l’on progresse en faisant des choix de dialogue. Le jeu est pour l’instant uniquement en anglais, mais il est fort probable qu’il soit traduit dans d’autres langues à l’avenir. Si vous n’êtes pas du tout à l’aise avec l’anglais, je vous conseille de patienter pour une éventuelle traduction.

Les premières minutes du jeu m’ont parues étranges, puisque je n’ai pas l’habitude des romans visuels. Je m’y suis fait assez rapidement, c’est vraiment comme lire un livre avec du son et des images. Si vous ne jouez pas aux jeux vidéo, vous pouvez vraiment le prendre en main très facilement. Le jeu est également très abordable, et coûte moins de 15 euros sur Steam et Itch.io. Pas besoin non plus d’avoir un gros PC y jouer, j’ai pu l’installer et le faire tourner sans problème sur mon notebook.

A Summer's End - Hong Kong 1986

Une direction artistique exceptionnelle

Tout d’abord, on va s’attarder sur un des éléments qui font de ce jeu un vrai chef-d’œuvre. On va prendre une minute pour parler des illustrations absolument sublimes de l’artiste Tida. Les décors sont très variés, et les personnages sont magnifiques. Un soin particulier a été apporté aux détails à la fois sur les arrières plans et les personnages qui font vraiment rentrer dans l’histoire. Les character design sont très bien travaillés, on arrive à tout de suite saisir les personnages grâce à leur apparence physique. Je vous invite à jeter un œil à cet article de blog très intéressant pour voir l’évolution des character design.

Les styles des personnages inspirés de la mode des années 80 sont adaptés en fonction des personnalités des protagonistes et donnent plus de profondeur au récit. Par exemple, Michelle porte souvent des tailleurs ajustés, qui montre sa personnalité forte et indépendante tandis que Sam a des tenues plutôt variées. Sam a une personnalité plus complexe et ses tenues sont plus colorées. Le blanc associé à Michelle rappelle sa pureté mais aussi à son côté très conformiste (du moins au début). En fonction des scènes et des paysages, les protagonistes ont des tenues plus décontractées et tout aussi élégantes.

A Summer's End - Hong Kong 1986
A gauche Michelle et à droite Sam

Parlons aussi de la musique. La musique est absolument sublime et rend l’expérience encore plus immersive. J’ai vu sur de nombreux avis des personnes demander où on pouvait se procurer la bande son. Il se pourrait qu’elle soit disponible bientôt. Le studio a collaboré avec 3 artistes pour produire les OST et les développeuses ont également produit quelques titres. Quant au style, je dirais qu’il s’agit d’une adaptation plutôt moderne des musiques synthétiques des années 80. Si vous êtes fan de synthwave, allez écouter ces artistes : Timecop1983, Crystal Cola, et Stevia Sphere.

Retranscrire un univers

Dans quel univers mon histoire va-t-elle avoir lieu ? C’est l’une des premières questions que l’on se pose en écrivant une histoire. Je pense que si vous montriez ce jeu à une personne qui a connu Hong Kong dans les années 80, elle pourra vous dire que ce jeu est assez proche. Les développeuses ont fait un véritable travail de recherche pour retranscrire au mieux cette période. En passant par le cinéma, la mode, en récupérant des témoignages et anecdotes de personnes qui y ont vécu à cette époque.

Et c’est réussi, car l’immersion est garantie. Que ce soit grâce aux paysages variés, aux mentions récurrentes des artistes de l’époque ou de l’usage d’objets iconiques des années 80. Le studio a réussi l’exploit de me rendre nostalgique d’une époque que je n’ai même pas vécu.

A Summer's End - Hong Kong 1986

L’histoire de A Summer’s End

La narration se fait du point de vue de Michelle. Je vous parlais de choix dans les VN, ici vous aurez 2 fins possibles. Il n’y a pas vraiment de “bons” ou de “mauvais” choix, mais plus vous restez proche de la logique de Michelle et plus vous vous rapprocherez de la fin canon. Mon cœur s’est brisé en deux quand j’ai essayé la fin alternative, mais je vous conseille vivement de la faire. Elle permet de comprendre d’avantage l’œuvre dans son ensemble, et ce que les développeuses ont essayé de raconter tout au long de cette histoire.

A Summer's End - Hong Kong 1986

A une époque où l’homosexualité était illégal à Hong Kong, cette histoire nous met dans la peau d’une femme qui découvre sa sexualité et qui se retrouve confrontée aux réalités de la société. C’est là le gros point fort de cette histoire, c’est qu’elle est très pertinente et très réaliste. En ayant accès aux pensées de Michelle, on comprend ses craintes d’être acceptée aux yeux des autres. La peur de décevoir sa famille, et d’être en marge de la société. C’est rare aujourd’hui de trouver une œuvre qui aborde cet aspect de l’homosexualité aussi bien.

L’acceptation et la tolérance sont des sujets malheureusement encore d’actualité, et je me suis à la fois retrouvée dans les personnages de Michelle et de Sam. D’un côté, il y a Michelle qui a travaillé dur toute sa vie pour devenir la femme moderne qu’elle est devenue et qui tend à rentrer parfaitement dans les clous de la société. De l’autre il y a Sam, plus âgée et plus mature, indépendante et libre d’esprit qui a déjà accepté sa sexualité.

A Summer's End - Hong Kong 1986

Parler d’amour sans filtre

Puisqu’il s’agit d’une romance, le jeu offre également des scènes intimes. Un patch pour adulte est mis à disposition, qu’il faut télécharger et installer pour y accéder. Pour les débloquer, il suffit de suivre le cours de l’histoire. Il est cependant tout à fait possible d’y jouer sans ce patch. Le studio encourage les joueurs, quand cela est possible, de jouer en activant ce patch pour mieux expérimenter le jeu dans son intégralité. A ce sujet les développeuses se livrent : “La sexualité, qui est à la fois vulnérable et passionnel, est juste un autre aspect de l’amour que nous souhaitions aborder dans cette romance.”

A mesure que l’on progresse dans le jeu, les personnages évoluent et on peut voir clairement se dessiner deux voies possibles. Deux fins réalistes qui délivrent un message plutôt encourageant. Jouer à A Summer’s End, c’est comme écouter le témoignage de quelqu’un qui a vécu une histoire similaire à la notre et que peu de gens peuvent comprendre. Parmi les sujets abordés, la liberté fait aussi partie intégrante de l’histoire. Sans imposer son avis, l’histoire aborde un point de vue sur la liberté et plus particulièrement sur Hong Kong qui est très intéressant. Ces thèmes sont très bien connectés dans l’intrigue et rendent un bel hommage à Hong Kong.

J’ai suivi assez tard le développement de ce jeu indépendant, et je suis bluffée par la qualité du rendu. Je recommande fortement cette expérience narrative pour son histoire précise et son univers très esthétique. Un énorme bravo au studio Oracle and Bone pour la création de ce jeu d’une grande qualité.

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Fay

Fay, 26 ans. Passionnée de jeux vidéo depuis toujours. Ici on parle de gaming, mais pas que ! Reste prendre un café, la visite en vaudra peut-être la chandelle...

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